Page 1 of 4

1

L’histoire des déchets.

De la préhistoire au Moyen Âge

A la préhistoire

Les hommes préhistoriques jettent les restes de nourriture à l'endroit

même où ils mangent. Ces déchets se décomposent naturellement dans la

nature.

Dans l'Antiquité

A Athènes, les grecs inventent des toilettes publiques et emportent les

déchets hors de la ville.

A Rome, les Romains installent également des toilettes publiques ainsi que

des fosses en dehors de la ville où les habitants déposent leurs ordures et

les restes d'animaux sacrifiés.

Au Moyen Âge (476 à 1453)

Vers l'an 1000, les hommes commencent à se

regrouper dans des villes.

Il y a de plus en plus de monde et les déchets vont

alors s'accumuler !

Les habitants jettent leurs déchets, excréments,

carcasses d'animaux dans la rue ou les rivières.

Les gens boivent l'eau de la Seine !!!

Et Paris, à cette époque, ne sent pas bon !

Les rues sont boueuses, sales et malodorantes.

Ne pouvant plus supporter l'odeur, en 1185 Philippe Auguste ordonne de paver les

rues principales et crée des canaux et fossés centraux pour nettoyer certains quartiers.

Au XIIIème siècle, il existe des Règlements pour remédier au manque d'hygiène :

paver les rues, nettoyer une fois par semaine devant sa maison et ne pas laisser trainer

les ordures et les déchets.

De nombreuses maisons ont des lieux d'aisance

placés au grenier (toilettes) qui s'écoulent dans le

ruisseau au milieu de la rue. Des conseils

d'hygiène sont donnés et les gens du moyen Âge

se baignent dans des étuves (bains publics).

Dans tous les quartiers on crée des puits où

chacun doit déverser ses immondices appelés

"trou punais" et en 1343, Charles V construit des

fossés d'évacuation couverts pour éviter les

odeurs.

Mais malgré cela les gens ne respectent pas les Règlements !

Ils refusent de porter les déchets aux endroits prévus et continuent à polluer la Seine

ce qui entraine des épidémies de peste. La plus importante fut la Peste Noire de 1347

qui fit des millions de morts en Europe.

A cette époque, les gens pensent que c'est l'odeur des déchets qui rend les gens

malades. Ils ne se rendent même pas compte que ces ordures grouillent de bactéries...

Page 2 of 4

2

Seuls les petits cochons qui vivent librement dans la

rue nettoient la ville en mangeant les ordures !

De la renaissance au XVIIème

A la Renaissance (XV et XVIème)

Les excréments sont toujours jetés dans les rues qui ne sont pas toutes

pavées et il y a toujours beaucoup de boue puante ! Les agriculteurs utilisent

alors ces boues pour fertiliser leurs champs...

Les déchets parisiens sont toujours déversés dans la Seine qui devient un

véritable égout !

Il n'y a toujours pas d'hygiène ! Les étuves où se baignaient les gens du

Moyen Âge deviennent des lieux de mauvaise fréquentation et comme il

n'existe pas d'installation individuelle, source d'eau et bains, pour se laver...

Les gens sont encore plus sales !

En plus, ils ne respectent pas les initiatives de Louis XII et François 1er qui

font nettoyer les rues et porter les immondices hors de la ville.

Il y a donc de nouvelles épidémies entre 1500 et 1530.

En 1522, c'est de nouveau la peste !

En 1531, grâce aux conseils de médecins, une

ordonnance impose que toutes les maisons soient

dotées de fosses et on interdit l'élevage de cochons,

oiseaux, lapins, pigeons dans Paris.

Vers 1550, Henri II tente de faire établir un relevé des égouts pour les nettoyer mais il

est impossible de les repérer. Il interdit les "trous punais" qui polluent la nappe, impose

le nettoyage fréquent des rues, et la construction d'une fosse dans chaque maison.

Mais ces fosses sont souvent poreuses ou fissurées et laissent échapper les matières

dans les puits voisins...

Cette série de décrets impressionne peu les habitants et en 1553, le Parlement doit

encore leur défendre de jeter les immondices par les fenêtres et faire condamner toute

personne pour avoir jeté ses déchets dans la rivière.

Au XVIIème

Les gens pauvres récupèrent les vieux vêtements, les

chiffons, les os d'animaux, les cheveux et toute sorte

d'objets pouvant être réutilisés.

On les appelle les chiffonniers !

Ce sont les premiers recycleurs car avec les os, une fois bouillis, on obtient une graisse

pour fabriquer des bougies et l'on peut aussi faire des manches de couteau. Les

cheveux servent à faire des perruques et avec les tissus, on fait du papier.

Henri IV s'occupe de l'alimentation en eau et construit la

première machine hydraulique pour avoir de l'eau potable.

Sous Louis XIV la situation commence à s'améliorer parce

que la police taxe lourdement les gens qui ne respectent

pas la loi !

Page 3 of 4

3

Du XVIII au XXème siècle

Au XVIIIème

A la fin du XVIIIème siècle, les excréments humains doivent être retenus

dans des fosses situées sous les maisons. Les fosses, une fois pleines, sont

vidangées et leur contenu est transporté à Montfaucon et Bondy.

L'hygiène générale est toujours peu développée...

La rue ne cesse d'être un dépotoir public, et certains

vident encore tous les matins leur pot de chambre

par la fenêtre !

Un ruisseau coule constamment au milieu de la

chaussée, parfois si grossi par les pluies qu'il faut le

traverser à l'aide d'une passerelle volante.

Au XIXème

Les réseaux d'eau potable et de tout-à-l'égout font alors, peu à peu, leur

apparition. Les égoutiers enlèvent les boues. On aménage les voies pour

qu'elles soient nettoyées facilement et le ruisseau central est rejeté sur les

côtés de la chaussée (caniveaux).

En 1870 Louis Pasteur mis en évidence le lien entre l'hygiène et la santé

En 1884, Eugène Poubelle

ordonne le dépôt

des déchets dans des

récipients spéciaux munis

d'un couvercle pour

déposer leurs ordures

ménagères devant leurs

portes, afin qu'elles ne

soient plus éparpillées dans

la rue avant d'être

ramassées par les services

municipaux.

D'où le nom de nos

"poubelles" !

Paris montrait la voie et disposait de centres de traitement de déchets

particulièrement performants dès 1896, à Saint-Ouen notamment.

Les déchets ou "gadoue" sont amenés dans des tombereaux (voiture en tôle tirée par

des chevaux) puis vidés dans une fosse.