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,

asleep

on the

raft

Une exposition de

guillaume

constantin

roxane

du 15 mai au 11 juillet 2021

Jean

Commissariat de

Julie MoreL

ESOX

LUCIUS

Le quai 294M9/ La gare

71740 Saint-Maurice-lès-Chateauneuf

Contacts/ 03 85 84 35 97 - 07 68 02 24 17

E-mail/ esoxlucius.art@gmail.com

Https://esoxlucius-art.blogspot.com

Vernissage le 15 mai de 14h à 19h

Performances à 16h et 17h

lecTURES éléctriques

Ouverture le jeudi, vendredi, samedi, dimanche

sur rendez-vous de 14h30 à 18h30.

&

ESOX LUCIUS

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A Sleeping Muse, 2021 (détail, en cours)*

Carnet de gouache sur papier, Paris, 2020•

Glitter Graphite Jaspe Laurana, 2021 (détail)*

Carnet de gouache sur papier, Paris, 2021•

Extraits de carnets de coloriage, Lorient, 2015•

Haeckel Sweaters 1&2, 2021 (détails)*

Réserve de supports en bois, Lorient, 2015•

• Roxane Jean

* Guillaume Constantin

(courtesy Galerie Bertrand Grimont / ADAGP)

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Asleep on the Raft

UNE Exposition de Guillaume Constantin & Roxane Jean

PerformanceS sonoreS des lecTURES électriques

Asleep on the Raft

Éloge de la douceur.

Pour l’exposition Asleep on the Raft, Esox Lucius convie deux artistes adeptes de matériaux détournés et

de displays, coutumiers de typologies et combinaisons formelles audacieuses. Roxane Jean y déploie des

territoires sensibles ayant trait au jardin et Guillaume Constantin explore des matériaux plus techniques

choisis pour leurs qualités plastiques. La sophistication de ces deux points de vue s’additionne et joue avec

humour du challenge que constitue l’espace de l’ancienne gare (re)créée par le designer Philippe Million. En

assumant cet espace éminemment non neutre, les deux artistes font bugger la binarité d’une exposition à

quatre mains dans deux espaces contigus.

Dessins, papiers peints sérigraphiés, sweat-shirts, matériaux trouvés, impressions 3D et céramiques se

glissent parmi les nombreux interstices de la galerie. La stratification, l’agencement des travaux et des

références évoquent le passage d’un état à l’autre, un curieux «entre deux eaux». L’ancienne salle d’attente

redevient un lieu de départ vers de multiples destinations. La gare se peuple d’objets et productions

virtuels et matériels, fabriqués et trouvés, où le corps se trouve convoqué quasi continuellement: incarné

littéralement par les fragments de mains et visages polychromes imprimés numériquement, suggéré par

la présence de sweat-shirts drapés de motifs marins ou coquillages combinés par Guillaume Constantin.

Ceux-ci tantôt se téléscopent, tantôt dialoguent au plus près du corpus coloré et des empreintes gestuelles

de Roxane Jean qui prend en charge le monde terrestre: aplats chlorophyllés, motifs floraux, jungles de

traits. En bordure de champs, quelques carottes sauvages, infra-ordinaire botanique, nuages de pétales sur

lesquelles se pose une toute petite fleur colorée, trompe l’œil d’un insecte imaginaire venant les butiner...

Corps et corpus jouent ici à cache-cache. Matérialisations, typologies et détournements via fichiers open

source* se superposent à un répertoire végétal proliférant et rythmé, tracé sur les supports plans. Roxane

Jean propose une herborisation sentimentale ou ironique: ses plantes pratiquent des stratégies de

séduction, prennent plus ou moins de place, s’affirment ou restent en retrait. Et les mains en impression 3D

de Guillaume Constantin de cueillir ou recueillir, de se tendre vers le vide et de ponctuer l’espace comme

des virgules anatomiques.

L’impression générale dégage une (inquiétante) étrangeté qui trouve écho dans le titre de l’exposition. En- tête de chapitre d’un roman de Mark Twain*, cette phrase énigmatique évoque une personne assoupie sur

un radeau, dérivant dans la brume. Mais qui dort - ou bien est-ce un rêve éveillé? Quel est ce radeau sans

piloteconscient ? Ce vaisseau qui nous transporte, n’est-ce pas notre corps même?

Morbide? Seulement de cette morbidité à l’italienne qui signifie harmonieuse et délicate, que l’on emploie

pour parler d’un biscuit, l’Amaretti morbidi ... Morbide? Non pas, quand on se réfère à la racine latine de ce

mot pour qualifier ce qui est moelleux. Tendre. Doux.

Julie Morel, commissaire de l’exposition

*Données issues du domaine public accessibles en ligne.

* Asleep on the Raft (Assoupi sur un radeau), chapitre 15 de Huckleberry Finn (1884).